CR de la visioconf du 2 juin 2020 : l’association “Le Sou”

Etaient présents : pour représenter Le Sou, Anne et Marie-Agnès, pour le collectif lillois, Mélia, Marion, Virginie D., Léna, Cyril, Janusz, Nicolas, Alex, Didier et Jacques.

La visioconférence est enregistrée. Information en est donnée pour permettre l’exercice du droit à l’image : une version « béta », envoyée aux présents, pourra être modifiée en fonction des souhaits des participants. Voici le lien de la version définitive.

Anne présente Le Sou qui est la seule structure à avoir participé au test territorial de la Ğ1 lors du lancement de cette dernière, en mars 2017.

Elle commence par les aspects les plus originaux : depuis le début l’association utilise des carnets papiers (comme les anciens carnets de caisse d’épargne pour que les gens qui n’ont pas Internet puissent échanger quand même). Une aide à la gestion du compte est apportée.

L’association a pris des contacts avec une association s’occupant de tutelles pour que des personnes partiellement sous tutelle puissent, en utilisant leur carnet être entrainées à la gestion de budget, être plus autonomes.

D’autres contacts ont été pris, avec Emmaus, à poursuivre, avec une association d’insertion qui serait intéressée.

Les membres fondateurs du Sou sont également actifs du SEL du Nord-Mayenne.

Une réflexion est en cours avec des personnes travaillant sur l’accueil de migrants ; le sou peut servir à la rétribution des contributions des migrants qui souhaitent se rendre utiles. Inversement, ils peuvent avoir accès à des produits bio et autres.

Pas d’opposition entre monnaie libre et monnaie locale. En 2013, avant l’arrivée de la Ğ1, les membres du Sou rêvaient d’une monnaie locale, à la suite d’un contact avec Philippe Derudder, mais lorsque Benoît Lavenier a découvert la Ğ1, l’association a décidé de s’orienter vers cette monnaie libre.

Des efforts ont été faits en direction des professionnels. Les résultats sont encore occasionnels et peu dans la durée. Les moyens manquent, beaucoup d’occupations dans divers projets, pas de renouveau dans l’équipe. Toutefois quelques producteurs sont présents pour diffuser des surplus, des invendus non valorisables en euros. Dans des foires, des fêtes certains exposants sont d’accord pour vendre avec la monnaie libre dans la mesure où eux-mêmes peuvent utiliser la Ğ1 dans leurs échanges avec d’autres pros.

Le Sou conseille aux professionnels de regarder ce qu’il y a dans les offres de gchange.fr (Ğchange), les services et les produits négociables en Ğ1 de façon à définir combien ils peuvent accepter de règlement en Ğ1.

Il aurait fallu profiter du confinement pour développer l’information presse. : il aurait fallu un article pour montrer ce que la Ğ1 peut offrir. Anne avait proposé que chaque membre offre au moins 1 service à distance pour dynamiser les échanges et voir ce que la Ğ1 peut permettre.

Le groupe de l’Orne est plus actif, ils sont plus nombreux.

Question de Nicolas : vous êtes combien dans le collectif  ?

Pour faire monter la “mayennaise”, le Sou était monnaie test à l’automne 2016, nous avions organisé la 7ème rencontre des monnaies libres à Laval, en juin 2016. Ils étaient alors une dizaine à se retrouver tous les mois, puis ces derniers temps, plutôt 5 dans l’équipe et ce n’est pas assez.

Question de Janusz : pour les rencontres avec les pros, avez-vous monté un plan d’action ?

Un stagiaire a fait un plan d’action et est allé voir beaucoup d’entreprises du coin, mais un grand nombre d’entreprises ne se sent pas concerné. Il y a eu un peu perte d’énergie, il aurait fallu cibler sur les gens qui ont confiance ou sont dans une démarche alternative.

C’est surtout le bouche à oreille qui a fonctionné ; l’existence des réseaux de chacun.

Anne donne son avis personnel : « un plan d’action c’est bien mais pas la peine d’en faire une usine à gaz, ce n’est pas assez pragmatique ».

Ils ont énormément informé, semé dans les festivals, les rencontres, etc., souvent à la demande des organisateurs.  Désormais c’est la récolte ; il faut continuer d’arroser ce qui a été semé.

Les Ğmarchés et les événements grands publics permettent de toucher beaucoup de monde. Le petit département facilite les choses, dans le milieu alternatif on se connaît beaucoup. Anne montre la nécessité d’un stand vivant, attractif, décalé, porteur de parole (pour alpaguer ; voir l’article sur le site du Sou), beaucoup d’écoute, la presse et une radio alternative ont relayé les événements. Tout est complémentaire.

Question de Mélia : comme vous êtes une monnaie locale, comment fonctionnez-vous avec les collectivités ?

En fait le sou n’est pas une monnaie locale, l’asso correspond à un collectif local, comme celui de Toulouse ou autres. Le passage à la Ğ1 s’est fait très vite même si au départ nous étions un peu dépités en rêvant à une monnaie libre locale. Finalement, lors d’un échange avec Stéphane Laborde, au bout de 2h décision a été prise de choisir une monnaie nationale voir internationale, la Ğ1, avec une animation du collectif restant locale. Cet échange reste un très beau souvenir d’intelligence collective – nous avons tout posé à plat et avons finalement lâché prise. C’est un avantage de ne pas se limiter au local en choisissant une monnaie internationale.

Peu de contacts au niveau des collectivités en dehors des réseaux préexistants. Il y aura peut-être des évolutions à la suite des municipales. Voir si Bordeaux (demander à Millicent) ou Toulouse développeront la Ğ1 comme monnaie interne – la monnaie-libre fléchée fait aussi l’objet de réflexions dans les CAE (coopératives d’activité et d’emploi).

Pour les SEL, Anne recommande d’utiliser la Ğ1. Idem pour une épicerie associative ou les fabriques de territoires pourraient être intéressées. Le potentiel de la Ğ1 et de la monnaie libre, en général, est extraordinaire, il est sous-utilisé.

Question de Cyril : sur le passage d’une monnaie locale à la monnaie libre. Anne précise que la monnaie locale « le sou » était une monnaie locale mayennaise test, il est devenu la Ğ1, au moment de la création de cette dernière. “Le sou” reste le nom de l’association.

Question de Cyril : quels ont les avantages de la Ğ1 par rapport au SEL, vous avez des exemples ?

  • Qui peut le plus, peut le moins : utiliser la Ğ1 pour tout ce qu’on connaît : Ğchange Ğmarché…
  • et utiliser la Ğ1 aussi, pour les besoins du SEL.
  • Un moyen d’échange commun à plusieurs tructures : asso, SEL, SOU…
  • Une facilitation de la comptabilité avec Césium.
  • Un marché beaucoup plus vaste.

Question de Mélia : comment fonctionne l’asso du sou ? Y a-t-il une adhésion ? Sa gouvernance ?

2 co-facilitateur-e-s, une asso collégiale loi 1901, inspirée de sociocratie, élections sans candidats…

Pour la cotisation : 12DU par an (1DU par mois) ou don libre en UNL (Unité Non Libre) ou Ğ1 ou les deux (UNL et DU).

Il faut relancer les gens pour qu’ils pensent à cotiser en leur présentant les avantages : soutenir l’asso, recevoir les infos, ils sont en réflexion.

Questions d’Alex : quelles différences de fonctionnement lors du passage à la Ğ1 ? Présence encore de l’euro ?

Marie-Agnès explique que pour le collectif Orne, ils avaient choisis le sou comme monnaie libre test sans créer une asso spécifique. Ils ont suivi « Le Sou », lorsque cette asso a choisi la Ğ1.

Anne rappelle pas de différence de fonctionnement entre Ğ1 et Sou : c’est pareil.

Anne évoque le PFH (puissant facteur humain) qui est fondamental pour un bon fonctionnement de la Ğ1. L’aspect humain est essentiel pour le développement de la monnaie libre.

Patrick Viveret avait lancé le collectif Richesse au début du millénaire : un thinktank très proche d’Edgar Morin, avec des mouvements « transition » comme Colibri, les amis de la terre, le MFRB… Dans ce collectif, les monnaies alternatives, les monnaies locales étaient évoquées, on n’avait jamais osé rêver quelque chose comme la Ğ1 : monnaie indépendante (pas de contrepartie en banque), monnaie citoyenne et avec un dividende universel ; une superbe utopie en marche, à nous de développer son potentiel.

Autre question d’Alex sur l’indépendance vis-àvis de l’euro :

  • certaines dépenses en € bien sûr,
  • jongler avec les 2, c’est obligatoire,
  • des prix mixtes pour certains services ou produits, par exemple, les repas
  • au départ, ils ont fait quelques erreurs de trésorerie, faire trop en Ğ1, il aurait fallu plus nuancer.

Question de Didier : il faut des offreurs, vous avez donc trouvé des marchands qui font une partie de leur ventes en Ğ1 ?

Oui, mais il ne faut pas se focaliser sur les pros, répond Anne, les échanges entre particuliers sont tout aussi important : les échanges sont importants, ils nous font évoluer. Expérimenter,  essayer les autres formules d’échange, faire marche arrière au besoin, c’est aussi avancer !

Question de Didier : comment cela se passe au niveau des certifications ?

  • les apéros monnaies libres, les gmarchés permettent les rencontres ;
  • un site en ligne ayant pour titre : « Trouver 5 certificateurs pour devenir membre » explique les procédures ;
  • les motivés trouvent les certificateurs dans les deux mois ;
  • le parrainage est à promouvoir pour montrer les astuces dans césium… amener à l’autonomie et pousser les gens à parrainer les autres….
  • encourager le non anonymat, pour faciliter le repérage ;
  • favoriser la certification réciproque, lors des échanges.

La réunion se termine avec quelques invitations réciproques dont certaines consistes à découvrir un lieu touristique avec règlement en Ğ1 de l’hébergement.

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